Le sel de déneigement n’est pas sans impact sur l’environnement : comment en limiter les conséquences ?

Le sel de déneigement n’est pas sans impact sur l’environnement : comment en limiter les  conséquences ?
05 Nov 2022 | Communication du mois | Khadidja ASSIA

Le déneigement par salage : un danger pour l’environnement

 

Outre le but du sel de déneigement (salage) sur les chaussées et les routes dans les zones urbaines qui est de :

  • faire baisser le risque des chutes des piétons, et des dérapages des voitures causés par la gelée glissante après les dépôts de neige ;
  • déneiger en faisant fondre la neige et dégager les accès sur les trottoirs, les voiries et les routes pour faciliter la circulation routière. En l’occurrence assurer la viabilité hivernale pour l’ensemble du réseau routier.

Au fil des années, le salage des routes par fondant routier a fini par avoir des conséquences fâcheuses sur l’environnement et le biotope (faune, flore et fonge).

Faisons le tour du sujet en 4 minutes de lecture.

 

Sel de déneigement : ses impacts sur l’environnement

Le principal produit de salage utilisé est le chlorure de sodium « NaCl » suivi par le chlorure de magnésium « MgCl2 » et parfois le chlorure de calcium « CaCl2 ». Entre 1980 et 1990, il y a eu recours au gravillon comme moyen de déneigement, mais cette opération a été vite abandonnée pour différentes raisons. Quand il se retrouve en grande quantité sur les réseaux routiers, les voiries et dans la nature, le NaCl devient un véritable contaminant pour les eaux de surface (rivières, lacs, ruisseaux, fleuves) et les nappes souterraines, une menace pour quelques espèces aquatiques, un produit corrosif pour les infrastructures et un poison pour les arbres.

Lors de l’épandage du sel par les saleuses, une certaine quantité de ce dernier se déverse sur les abords des routes et se dépose au pied de la végétation existante. Dans d’autres cas, la neige mélangée au sel est déposée sur la végétation d’alignement avec le déblaiement et le raclage après le passage du chasse-neige. Une partie du sel touche directement les arbres et les plantes, et l’autre partie après le dégel, se dissout et s’infiltre dans les eaux souterraines ou rejoint les eaux de ruissellement, les cours d’eau et les rivières.

De cette manière, les dégâts du déneigement par le sel sont inévitables.

 

Conséquence sur la végétation

Comme mentionné plus haut, le sel de voirie mélangé à la neige peut se retrouver en contact direct avec les plantes et les arbres en bord de route. Par conséquent, il pénètre dans les cellules végétales à travers les tissus végétaux superficiels. Au moment où l’intérieur de la cellule « végétale » atteint l’overdose en sel, la chlorophylle peut être détruite. C’est tout un cours de biologie et de botanique qu’il faut suivre, mais pour résumer, la chlorophylle est l’un des éléments principaux responsables de la vie sur terre. Ce phénomène provoque la brûlure et le dessèchement des feuilles et des aiguilles des arbres et des plantes (cet aspect physique n’est visible que quelques mois après l’absorption du sel), ce qui fragilise la végétation et la rend plus sensible aux tempêtes.

 

Conséquence sur les eaux

L’accumulation du sel dissout dans les eaux de ruissellement et les nappes phréatiques (nappes d’eaux souterraines) augmente la salinité des eaux, ce qui peut amener à la disparition de certaines espèces en biotope.

L’augmentation de la teneur en sel des eaux a aussi un effet sur les puits qui deviennent trop salés.

 

                           

Conséquence sur les infrastructures et les sols

Le sel absorbé par le sol rend ce dernier imperméable et plus dur et par suite logique, moins fertile.

Ça ne s’arrête pas là, le sel est connu pour son effet corrosif, en l’occurrence les fondants routiers qui détériorent les revêtements et les structures en béton ou en acier. Cela pourrait même fragiliser certains ponts.

 

Quelques chiffres du secteur de déneigement

À partir du milieu du 20e siècle, l’épandage du sel de déneigement est sans cesse en augmentation et a atteint en Suisse 300 000 à 350 000 tonnes par hiver (par année) entre 2010 et 2012.

Rien qu’en un seul mois, en février 2005, la Suisse a épandu sur les routes 106 000 tonnes de sel de déneigement. Au cours de ces dernières années, les quantités de NaCl épandues sont estimées entre 100 g à 1 kg par m².

Une étude exposée par l’Union Suisse des Services des Parcs et Promenade « USSP », dévoile que près de 40 % de la quantité de sel d’épandage se mélange aux eaux ruisselantes en bord des routes.

Au Canada, dans les années 1990 près de 4,9 millions de tonnes de sels de déneigement étaient déversés sur les voiries et les autoroutes chaque année. Alors que les États-Unis ont atteint entre 10 et 20 millions de tonnes de sels utilisés par an.

 

Chuut ! Nous vous dévoilons ce qui est appliqué par les professionnels consciencieux

Pour prévenir l’apparition de neige compactée ou de pellicule de glace devant les immeubles ou les locaux professionnels, les entreprises de nettoyage qui assurent le service de conciergerie dont le service hivernal, utilisent un traitement préventif avant même les chutes de neige. Il assure à la fois, la sécurité des usagers des locaux, l’efficacité pour faire fondre la glace et la neige et enfin la diminution des quantités de fondants utilisés.

Vous pouvez faire la même chose vous-même pour libérer l’accès à l’extérieur depuis votre porte d’entrée ou votre garage.

Quelques conditions sont à respecter dans l’utilisation du salage préventif.

  • Surveillance des conditions météorologiques.
  • Doit se faire peu de temps avant l’éventuelle apparition du verglas.
  • Répandre du sel la veille au soir.
  • Limiter à la limite inférieure le dosage en sel solide (nous abordons plus bas les dosages à respecter pour diminuer l’impact sur l’environnement).
  • Traiter les passages en diminuant 1 mètre de chaque côté pour éviter le contact avec les haies, les plantes et les arbres.

 

Remarque

Le sel a la capacité d’absorber l'humidité présente dans l’air, ce qui le transforme (le sel) en état liquide. Si le taux d’humidité est trop élevé, cela risque de transformer une partie du traitement par salage en liquide et de diminuer par conséquent son efficacité.

 

Les dosages nécessaires du sel de déneigement pour limiter les dommages sur l’environnement

En fonction des solutions de salage utilisées, il existe différents dosages pour le traitement préventif.

Sel solide : utiliser 10 à 15 g/m². Essayer au maximum de n’utiliser que 10 g/m².

Saumure : c’est un mélange de sel solide et d’eau qui donne une solution saline. Utiliser 12,5 à 25 cm3/m², ce qui correspond à : 4 à 8 g/m² de sel.

Bouillie de sel : c’est un mélange de sel solide et de saumure. Utiliser 8 à 10 g/m² de sel additionné à 15 à 20 % de saumure.

 

En cas d’apparition de verglas ou de givre que vous devez traiter aux moyens curatifs par le sel de déglaçage, il est recommandé d’utiliser 15 à 20 g/m² de sel maximum.

Nous vous conseillons d’utiliser un petit épandeur en nappe qui a pour objectif de juste doser votre salage et d’homogénéiser votre épandage.

                           

 

Bonus eco2net

Pour clôturer cet article en beauté, voici 3 petits conseils pour vous éviter des tracas, et un résumé très bref des solutions à adapter pour diminuer les conséquences du sel de déneigement sur l’environnement.

  • Si vous sortez votre chien pour sa petite balade en hiver, en revenant de l’extérieur n’oubliez pas de lui laver ses pattes pour qu’elles ne s’irritent pas avec le sel de déneigement sur les voiries.
  • Nettoyez rapidement le sel déposé sur votre voiture et ses pièces métalliques. Le pouvoir corrosif du sel peut entraîner sur la carrosserie une perte d’éclat, une détérioration de la peinture et l’apparition de rouille.
  • Comme solution écologique pour la fonte de la neige, ne jetez plus les cendres de votre cheminée, mais utilisez-les sur la neige, sur votre trottoir quand la météo le permet. C'est-à-dire une température douce et quelques rayons de soleil.

Nous vous résumons les 3 solutions pour limiter l’impact du sel de déneigement sur l’environnement.

  • Traitement préventif.
  • Savoir doser.
  • Utiliser un épandeur en nappe

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